La chèvre 30 avril 2004 à 15h57 | Par Propos recueillis par Jean-Claude Le Jaouen

Tremblante caprine - « Les éleveurs veulent participer à l´élaboration d´une police sanitaire sérieuse et cohérente »

Trois questions à François Bonnet. Le vice-président de la Fnec et président du Syndicat caprin des Deux-Sèvres donne son avis sur la réglementation en vigueur face à la tremblante caprine.

Abonnez-vous Réagir Imprimer

Le règlement européen du 1er octobre 2002 est-il plus sévère que l´arrêté français de 2002 ? 
La Commission européenne, à partir de 2001, a lancé une campagne de tests dans l´Union européenne pour évaluer la prévalence de cette maladie, non transmissible à l´homme en l´état actuel des connaissances. La France, exemplaire en ce domaine, pratique ces tests en grand nombre (23 255 en 2003). Pour éradiquer la maladie, elle s´est dotée d´une police sanitaire extrême et disproportionnée. Elle propose ensuite à l´Europe d´adopter la même police sanitaire, ce qui est fait en octobre 2002 avec un texte pratiquement semblable. Les conséquences en sont plus ou moins graves suivant la pression des tests pratiqués dans les différents états membres, et plutôt graves en France « bon élève » de l´Union européenne.

Que pensent les éleveurs de la règle de l´abattage du troupeau si un animal est confirmé atteint ?
L´abattage total du troupeau à partir d´un seul animal positif à la tremblante révolte les éleveurs qui ne supportent et ne comprennent pas cette police sanitaire pour une maladie réputée non transmissible à l´homme. Malgré les multiples propositions constructives et courageuses de notre filière, l´abattage est maintenu et les indemnisations prévues, qui sont plafonnées, ne couvrent pas la totalité des pertes et des frais de reconstitution de l´élevage. En 2004, à la suite de la faible prévalence constatée, et des restrictions budgétaires, seuls 5000 tests seront pratiqués à l´équarrissage ! On ne peut voir dans ces revirements aucune logique et aucune cohérence apte à impliquer les éleveurs dans la lutte contre la maladie. C´est une super loterie perdante pour les éleveurs malchanceux dont un animal serait diagnostiqué positif. Cette police sanitaire est une triste farce que nous n´acceptons pas en l´état.

Dans quel sens faudrait-il faire évoluer la réglementation ?
Aujourd´hui, les tests sur animaux vivants (biopsies sur amygdales), sont plus fiables que sur animaux morts et permettent de maintenir sous surveillance les cheptels concernés, sans recourir à l´abattage total. La France a fortement contribué au règlement européen, elle doit maintenant prendre ses responsabilités pour que celui-ci devienne sensé, applicable et cohérent pour les éleveurs. Notre filière ne doit pas payer pour des décisions prises de manière hâtive et incohérente. Les éleveurs ne demandent rien d´autre que de participer à un travail sérieux et cohérent, dans le cadre d´une police sanitaire  qui ne soit ni aberrante, ni disproportionnée.

Acheter un numéro

Il est possible d'acheter les anciens numéros de la revue "La chèvre".
Contactez Laëtitia REGNIER du service abonnement :

pour vous assurer de la disponibilité du numéro demandé.
Une fois le numéro réservé, nous attendons une confirmation écrite avec règlement par chèque bancaire de la commande, avant d'envoyer par retour le(s) numéro(s) commandé(s) accompagné(s) d'une facture justificative. Les numéros sont vendus à la valeur faciale, port compris, lors de la parution de chacun d'entre eux.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. La chèvre se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Question du mois

Êtes-vous souvent au bureau ?

Répondez à la question

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 24 unes régionales aujourd'hui