La chèvre 01 mai 2002 à 17h11 | Par

Région du Diois - Une filière caprine en restructuration

Dans la région du Diois , l´ambiance du secteur de l´élevage est plutôt morose. La filière caprine n´échappe pas à ce pessimisme et on constate un problème de reprise des exploitations existantes.

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La filière caprine de la Drôme (et du Diois) est structurée selon trois "sous-ensembles" correspondant à trois types de production et de modes de commercialisation.

- La transformation à la ferme jusqu´au fromage affiné, de "type Picodon", avec vente locale et dans les villes environnantes. Les éleveurs fromagers fermiers du Diois se retrouvent dans tous les secteurs géographiques et sont, dans certaines communes, les seuls éleveurs résidents. Ce sont des exploitations aux structures réduites (35 chèvres comme valeur médiane), majoritairement créées par des migrants arrivés dans le Diois dans les années 70-80. Les débouchés concernent la vente directe, auprès d´une clientèle de voisinage (y compris de petits commerces ou des restaurants), des touristes "fidélisés" et les marchés plus ou moins proches. Dans la plupart des cas, vu l´âge et la situation des exploitants et l´éloignement d´éventuels nouveaux marchés à conquérir, les projets d´étendre production et marchés ne se rencontrent que là où les investissements pour la mise aux normes des bâtiments ont été importants.

- La transformation à la ferme qui s´arrête à des fromages frais de moins de 6 jours, collectés par des affineurs qui les écoulent, après affinage, sur des circuits de gros. Les élevages de cette filière, bien que considérés comme "traditionnels", ont connu ces dernières années une certaine restructuration : régression des petites unités (éleveurs âgés, mise aux normes des bâtiments trop lourde.). Les systèmes sont souvent fondés sur une contribution non négligeable du pâturage et des parcours. La demande en fromages de la part des affineurs semble assez soutenue, notamment sur l´été et l´hiver et la "filière affineurs" représente une opportunité intéressante pour les zones de montagne enclavées. Les conditions de production rencontrées sont potentiellement un atout pour le produit et son image.

- La livraison de lait auprès de la coopérative de Crest qui collecte sur toute la Drôme pour fabriquer une gamme de fromages dont le Picodon AOC. Les phénomènes de spécialisation et de concentration de la production ont été, ici aussi, importants. Le nombre d´éleveurs livreurs à la coopérative de Crest a quasiment été divisé par 2 sur les dix dernières années, passant de 250 en 1988 à 130 en 1997. Le nombre de chèvres moyen par élevage atteint 75 chèvres en 98 contre seulement une trentaine en 88. Cette augmentation régulière et forte a fait craindre la multiplication "d´usines à lait" avec délocalisation continue de la production au profit de la plaine. Là encore se pose le problème de la saisonnalité de la collecte (voir notamment le creux d´août - septembre) malgré un différentiel de prix de base élevé. Pour l´avenir, cette filière confirme son intérêt pour la continuation sinon le développement d´une production laitière en zone de montagne pour préserver l´image du produit AOC.

Quelle que soit la filière caprine, on constate un problème de reprise des exploitations existantes, le passage de relais entre générations se faisant rarement ou mal.
Plus généralement, à l´échelle du Diois, les "ambiances" plutôt pessimistes demeurent dominantes chez les éleveurs, que ce soit pour des questions d´évolution des prix (en ovins) ou plus généralement de perspectives quant à l´avenir des exploitations (en ovins et caprins).
Quant au point de vue des non-agricoles sur l´élevage, il est souvent dominé par la méconnaissance des pratiques et des productions que cette activité recouvre. En particulier pour les ovins, c´est au mieux la fonction d´entretien de l´espace qui est évoquée.

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