La chèvre 01 juin 2005 à 18h07 | Par Jean-Claude Le Jaouen

Pays méditerranéens - En Turquie, l´élevage caprin reste traditionnel

Avec un cheptel qui reste important malgré son déclin, l´élevage caprin turc demeure très traditionnel dans ses pratiques.

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Pays encore rural, la Turquie vient d´engager des négociations avec l´Union européenne en vue d´une éventuelle adhésion. L´occasion de s´intéresser aux réalités de l´élevage caprin de ce grand pays méditerranéen.
En 2000, la Turquie disposait d´un cheptel de 30 millions d´ovins et 7,8 millions de chèvres dont la production totale était de 785 000 tonnes de lait de brebis et 225 000 tonnes de lait de chèvre. Les petits ruminants sont principalement élevés dans les régions les plus pauvres et les plus sèches, comme l´Anatolie, où se posent de sérieux problèmes de dégradation des parcours. Les effectifs d´ovins et caprins connaissent une forte régression depuis 1980 : le cheptel ovin ayant chuté de 48 à 30 millions de têtes et celui des caprins de 19 à 7,8 millions.
Le nombre de chèvres Angora, principalement localisées en Anatolie la région centrale, connaît une érosion rapide : de 3,7 millions leur nombre est tombé à 500 000 têtes, cela en raison de leur faible productivité et des prix défavorables du mohair.

La population de chèvres Kill, qui représente 90 % du cheptel caprin total, est distribuée sur tout le territoire, mais avec une concentration plus marquée dans le sud de l´Anatolie et les régions méditerranéennes. Au sein de cette population, on distingue différentes sous populations qui ne sont pas toujours très bien différenciées en raison de croisements fréquents. La seule race à vocation laitière qui se distingue est la race Maltaise estimée à 30 000 têtes. Des croisements sont également intervenus au temps de l´Empire Ottoman entre les kill et la race Damascus, plus laitière, la population croisée en résultant est évaluée à 300 000 têtes.
La finalité première de l´élevage caprin est la consommation familiale de la viande et du lait, la production laitière moyenne étant de 62 kg de lait pour une lactation de quelques mois. Les troupeaux sont souvent de petite taille et conduits avec la main-d´oeuvre familiale. Trois systèmes coexistent : le nomadisme qui est en déclin (5 % du cheptel), le système transhumant encore largement pratiqué puisqu´il concerne 40 % des chèvres mais qui tend à céder progressivement la place au troisième système sédentaire qui se développe, notamment dans les zones cultivées.
Les troupeaux sédentaires utilisent les parcours communaux et les résidus de récoltes (céréales, écarts de fruits et légumes, etc.) Les petits troupeaux familiaux d´un village étant fréquemment regroupés pour pâturer les communaux sous la garde d´un berger payé par les propriétaires. Il est intéressant de noter que les pratiques d´élevages sont assez comparables dans toutes les régions et quelles que soient les races, malgré les grandes différences de milieu.
Les chèvres de race Kill à vocation viande et lait sont conduites en système pastoral sur parcours. ©D. R.

Fromages et yaourts
Comme le lait de brebis le lait de chèvre est transformé en yaourts, un des plus réputés étant le yaourt salé de la province de Hatay, en Ayran (boisson à base de lactosérum), en beurre et en fromages. Principal ingrédient du petit déjeuner le fromage est apprécié et largement consommé. Il existe différentes variétés de fromages traditionnels : le fromage blanc (type Feta), des pâtes dures (type Kachkaval) ou encore le Tulum. Issu des pratiques pastorales de la transhumance le Tulum est salé et conservé dans des outres en peaux de chèvre traitées au sel et au yaourt.
A côté de cette transformation artisanale, quelques laiteries collectent du lait de chèvre pour la production de fromages pasteurisés que l´on trouve surtout dans les grandes surfaces. Quelques tentatives existent pour la création d´élevages laitiers spécialisés avec des races importées mais sans véritable développement jusqu´à présent.

Certaines données de cet article sont issues d´une communication de O. Gürsoy (Université de Çukurova) présentée au Congrès de la Fédération Européenne de Zootechnie en septembre 2004 (Slovénie).

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