La chèvre 18 janvier 2010 à 14h07 | Par D. Hardy

Lettre ouverte - L'Anicap appelle à gérer les marchés plutôt que les crises

Abonnez-vous Réagir Imprimer

Dans une lettre ouverte datée du 22 décembre dernier, les trois collèges de l'Anicap, l'association nationale interprofessionnelle caprine, appelle conjointement à gérer les marchés plutôt que des crises.

Partageant le même constat que la conjoncture caprine est tendue, les représentants des éleveurs de chèvre (Fnec), des coopératives laitières (FNCL) et des laiteries privées (Fnil) s'accordent à dire que le prix du lait de chèvre ne saurait être la seule variable d'ajustement. Selon l'interprofession caprine, la filière a la capacité de réguler les marchés. Il n'y a "pas d'affolement à avoir, mais la vigilance s'impose". L'Anicap rappelle que les revenus des producteurs caprins n’ont pas pu évoluer suffisamment par rapport aux hausses notables du prix du lait de ces dernières annèes. "N’oublions pas que si nos marchés se raisonnent sur des logiques à court et moyen terme, l’élevage et l’industrie se raisonnent à moyen et long terme". Enfin, les trois collèges de l'interprofession appelle à préserver une cohérence collective en baissant les importations et en maintenant l'encadrement de la production.

 _______________________________________________________

La lettre ouverte de l’ANICAP en intégralité

Il vaut mieux gérer des marchés plutôt que des crises

Aujourd’hui, la conjoncture caprine est tendue.

A fin novembre 2009, elle se caractérise par : 

  • une augmentation de la collecte nationale de lait de chèvre de 8,9 %, essentiellement liée à une meilleure qualité des fourrages ; 
  • des fabrications fromagères industrielles stagnantes (+0,6 %), ce qui est nouveau car elles ont été en progression constante (+ 5 % par an en moyenne) cette dernière décennie ; 
  • des stocks de produits de report qui augmentent notablement : + 67 % ; 
  • des importations de matière première qui diminuent de 11,8%.

Si l’essentiel de notre marché (80 % de nos valorisations), à savoir les ventes en libre-service en GMS en France, continue à progresser en volumes (+3,2 % selon le panel IRI/CNIEL) et en valeur (+ 4 % selon le panel IRI/CNIEL) de manière plus favorable que la moyenne du marché des fromages (en cumul annuel mobile arrêté au 30 novembre 2009), nous devons faire face à une baisse des ventes à l’export, en RHF et en industries agro-alimentaires, qui perturbe l’équilibre de la filière et entraîne la stagnation de nos fabrications industrielles.

En parallèle, nous ne pouvons ignorer la concurrence que représente la production de lait de chèvre néerlandaise et espagnole. Pour autant, pour faire face à cette conjoncture actuellement plus tendue, le prix du lait de chèvre ne saurait être la seule variable d’ajustement.

Pas d’affolement mais la vigilance s’impose

Sans régulation, nous nous trouvons face à un risque de déséquilibre de l’offre et de la demande qui peut perturber les tarifs et, par conséquent, le prix du lait.

Mais nous avons la capacité de réguler les marchés dans un cadre interprofessionnel. C’est ainsi que nous venons de prendre, pour les mois qui viennent, les engagements suivants :

  • baisser les importations de manière notable ;
  • reconduire les mêmes prix du lait jusqu’en mars 2010 ; 
  • tout mettre en oeuvre pour ne pas dévaloriser le marché (gestion des surstocks…) ; 
  • maintenir l’encadrement de la production ; 
  • poursuivre la mise en oeuvre du plan « Bien vivre du lait de chèvre ».

Le prix du lait de chèvre a connu des hausses notables ces dernières années, mais les revenus des producteurs caprins n’ont pas pu évoluer suffisamment pour autant, une partie de ces hausses ayant été absorbée par l’augmentation du coût des intrants. Cela témoigne de la fragilité des revenus caprins (cf. évolution de l’indice de l’IPAMPA).

N’oublions pas que si nos marchés se raisonnent sur des logiques à court et moyen terme, l’élevage et l’industrie se raisonnent à moyen et long terme.

Certaines entreprises nous ont alertés il y a quelques mois de cette conjoncture tendue. S’il n’appartient pas à l’interprofession de juger des stratégies individuelles des entreprises, nous attirons l’attention sur le fait que certaines pratiques peuvent pénaliser la cohérence collective.

Nous sommes tous, acteurs de la filière, interdépendants, et c’est dans le cadre interprofessionnel que nous devons oeuvrer pour préserver cette cohérence collective, notamment par le choix d’une baisse importante des importations, et du maintien en parallèle d’un système d’encadrement actif de la collecte nationale.

Nous suivons de près l’évolution de la conjoncture caprine, et les discussions interprofessionnelles se poursuivent avec pour objectif la préservation de l’équilibre fragile de notre filière.

Paris, le 22 décembre 2009
Pour la FNCL, Patrick Charpentier, président de l'ANICAP
Pour la FNEC, Jacky Salingardes 
Pour la FNIL, Dominique Verneau


Acheter un numéro

Il est possible d'acheter les anciens numéros de la revue "La chèvre".
Contactez Laëtitia REGNIER du service abonnement :

pour vous assurer de la disponibilité du numéro demandé.
Une fois le numéro réservé, nous attendons une confirmation écrite avec règlement par chèque bancaire de la commande, avant d'envoyer par retour le(s) numéro(s) commandé(s) accompagné(s) d'une facture justificative. Les numéros sont vendus à la valeur faciale, port compris, lors de la parution de chacun d'entre eux.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. La chèvre se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Question du mois

Pensez-vous investir pour améliorer votre confort de travail ?

Répondez à la question

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui