La chèvre 16 décembre 2002 à 11h37 | Par Jean-Claude Le Jaouen

Elevage caprin - Les inondations du Gard ont sinistré plusieurs élevages

Troupeaux noyés, bâtiments et installations détruits, habitations et fromageries dévastées, les inondations provoquées par les pluies diluviennes des 8 et 9 septembre dans le Gard ont causé de graves dommages dans plusieurs élevages caprins.

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Au nord-ouest de Nîmes, le Gaec Le Sardanais offre un spectacle de désolation
Situé au bord du Vidourle, sur la commune de Sardan au nord-ouest de Nîmes, l´élevage du Gaec Le Sardanais offre un spectacle de désolation. "Tout a commencé le dimanche 8 septembre avec les trombes d´eau qui se sont abattues sur la région, explique Pascale. Le Vidourle a débordé et le niveau de l´eau a rapidement monté.
A 18 heures, j´ai commencé la traite à la machine mais, très vite, une panne de courant m´a obligée à terminer la traite à la main. Les chèvres avaient peur et s´agitaient, l´eau avait déjà recouvert le terrain en dessous de la chèvrerie.
©D. R.

Légende - Inondation au Gaec Le sardanais
Le Vidoule a débordé détruisant la chèvrerie (au premier plan) et envahissant les maisons d´habitation et la fromagerie.

A 20 heures, la mairie m´a appelée pour donner l´alerte. L´eau entrait dans la chèvrerie et les chèvres étaient affolées, j´ai donc sorti le troupeau sur la colline, seules 30 chèvres m´ont suivie, les autres sont restées dans la chèvrerie et je me suis réfugiée avec mes enfants à la mairie. Quand je suis revenue le lendemain, c´était l´horreur, avec plus d´un mètre d´eau dans la maison, le courant très violent avait détruit la chèvrerie en serre-tunnel et 18 chèvres étaient noyées, la fromagerie, les fromages, notre habitation baignaient dans l´eau boueuse. Dans le camping derrière les bâtiments, des caravanes avaient été emportées mais, heureusement, les campeurs et caravaniers avaient été évacués à temps".Depuis, Pascale, son mari et ses enfants sont réfugiés au village et son associée a dû se reloger, les 30 chèvres qui restent au Gaec sont hébergées par le groupement Capridoc. Municipalité, pompiers, Adasea, Chambre d´agriculture, Syndicat caprin se sont mobilisés pour les aider, mais l´élevage est détruit.
Traumatisées par la catastrophe, Pascale et son associée ne savent toujours pas quel sera leur avenir.
©D. R.

Légende - Dans la chèvrerie, quand les eaux se sont retirées Chèvres noyées, équipements et chèvrerie détruits, un spectacle de désolation.
©D. R.

Légende - Ce qui reste de l´élevage aujourd´hui
Traumatisée par la catastrophe, Pascale ne sait toujours pas quel sera son avenir.

En Camargue, l´élevage des Barcelot totalement anéanti
Il y a 28 ans, Jean-Louis et Madiana Barcelot s´étaient installés à Saint Laurent d´Aigouze, près d´Aigues Mortes, en Camar-gue. Passionnés par l´élevage caprin, ils avaient bâti leur exploitation au fil des années : 180 chèvres Saanen sélectionnées, 60 chevrettes, des bâtiments fonctionnels, une fromagerie aux normes, des débouchés bien établis pour leur production fromagère. Aujourd´hui ils ont tout perdu. Ils habitent deux pièces, sommairement aménagées avec des meubles qu´on leur a donné, au premier étage épargné par les eaux d´un bâtiment de l´exploitation.
"C´est le lundi soir 9 septembre que les eaux ont brusquement monté pour atteindre 1,80 m en moins d´une heure. Les eaux tombées au nord du département sont arrivées en Camargue avec quelques heures de décalage, les rivières ont débordé, une digue près d´Aymargue a été submergée et, très rapidement, tout a été noyé sans que nous ayons le temps de faire quoi que ce soit. Les pompiers sont venus nous chercher en bateau et nous nous sommes réfugiés à la mairie. L´eau est restée plus d´une semaine provoquant de graves dégâts.
©D. R.

Légende - En camargue, chez Jean-Louis Barcelot
Toutes noyées, les 180 chèvres et les 60 chevrettes ont été brûlées sur une digue alors que l´exploitation était encore sous les eaux. "Nous nous sommes battus toute notre vie pour réussir notre élevage et, aujourd´hui, tout est détruit," soupirent Jean-Louis et Madiana Barcelot dont la volonté, pourtant, est de redémarrer rapidement avec un nouveau troupeau.

Toutes les chèvres et chevrettes sont mortes noyées enfermées dans la chèvrerie et, avec la DSV, la décision a été prise de les brûler. Seuls nos trois chevaux ont pu être sauvés. Nous avons tout perdu : troupeau, matériels, stocks fourragers, fromages, voitures, meubles, prairies dévastées. Aujourd´hui il nous faut vivre avec un RMI familial. Avec ma femme, nous nous sommes battus toute notre vie pour réussir notre élevage et aujourd´hui tout est détruit. Notre volonté est de redémarrer rapidement car les chèvres sont notre passion, mais il nous faut trouver rapidement un troupeau à acheter".
Si de nombreux élevages ont subi des dégâts dans le Gard, trois ont été particulièrement touchés, parmi lesquels ceux du Gaec Le Sardanais et Jean-Louis Barcelot. Le syndicat caprin du Gard a fait appel à la solidarité des éleveurs caprins de toutes les régions pour leur venir en aide. Sont notamment recherchés : un troupeau de Saanen, des cornadis, deux machines à traire, des tables d´égouttage en inox.
Contact : Isabelle Le Roch au 04 66 54 31 17.

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