La chèvre 10 mars 2003 à 14h51 | Par Jean-Claude Le Jaouen

Elevage caprin - En Saône-et-Loire, La Providence, service féminin de remplacement

Créé il y a vingt ans par des éleveuses de chèvres, le service féminin de remplacement offre des prestations appréciées car bien adaptées aux besoins de ses adhérentes.

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«Nous sommes certainement le seul service de remplacement exclusivement féminin en France et, de plus, à avoir été créé par des éleveuses de chèvre, explique Colette Perrot actuelle présidente du service. L´idée des pionnières est née au cours d´un stage de formation il y a une vingtaine d´années. Avec les chèvres, la traite, les fromages, personne pour les remplacer il n´était pas possible de prendre un seul jour de congé. Si dans certaines exploitations les parents pouvaient remplacer en cas d´absence, dans d´autres fermes cela n´était pas possible. L´idée a donc été de créer un service de remplacement spécifiquement féminin pour remplacer les femmes dans les activités agricoles seulement et non pas dans les tâches ménagères ».

Une autonomie difficilement acquise
A l´époque les élevages étaient plus petits qu´aujourd´hui, car dans le Charollais, au royaume des vaches blanches, les chèvres étaient surtout l´affaire des femmes. Si les élevages spécialisés avaient alors 40 à 60 chèvres, de nombreux petits élevages ne comptaient que 10 à 20 chèvres et toujours avec la fabrication fromagère à la ferme.
Dès le départ, les difficultés ont commencé car il existait dans tous les cantons un service de remplacement masculin et, pour bénéficier des subventions, la réglementation n´autorisait pas un deuxième service dans le même canton. Dans un premier temps le service féminin a pu, par dérogation, se rattacher au service masculin existant de Paray le Monial.
« Nous nous sommes battues de longues années pour obtenir, il y a un an seulement, nos propres subventions sans passer par un groupement masculin, explique Marie Rose Vincent la trésorière. Quand les services de remplacement sont passés groupements d´employeurs, la section féminine est devenue autonome. C´était important pour nous d´être autonomes car, auparavant, il fallait veiller à ce que les subventions qui nous étaient destinées soient bien reversées à la section féminine ».

Des règles strictes dès l´origine
Dès le départ les motifs de remplacement ont été bien définis : congés, formation, activités syndicales et avec, au début, peu de congés maternité. Ceux-ci se sont développés par la suite avec des aides spécifiques qui permettent de les financer en totalité. Aujourd´hui le service de remplacement est réservé aux 36 adhérentes (dont 1 homme exploitant seul un troupeau caprin) qui sont en quasi totalité des éleveuses de chèvre (15 à 150 têtes) et de volailles. Seule une adhérente possède des vaches laitières avec transformation fromagère à la ferme.
Le service emploie 3 femmes salariées : une à temps plein, une à trois quarts de temps, et la troisième pour un gros mi-temps ; avec une règle qui veut qu´une salariée ne travaille pas plus de 100 jours par an chez la même adhérente. Tout adhérent paie une cotisation annuelle pour bénéficier du service de remplacement sachant qu´un adhérent a droit à 20 jours de congés subventionnés par an. Au-delà le coût est celui d´un salarié sans subvention.

« Nous n´intervenons pas pour pallier un manque de main- d´oeuvre permanent, précise Colette Perrot, mais toujours sur des besoins occasionnels bien définis sachant que la durée de remplacement est illimitée dans le cas de maladie ou d´accident. Il est difficile de trouver du personnel de remplacement qui à la fois soit compétent et disponible et avec un état d´esprit qui lui permette de s´adapter à chaque exploitation, car c´est une découverte à chaque fois. D´ailleurs nous ne demandons pas de diplôme mais un savoir-faire et une capacité d´adaptation. Il faut également avoir le désir d´aider les gens. Cette notion de service est importante ».

1000 journées de remplacement
Aujourd´hui le groupement couvre une zone géographique délimitée correspondant, à peu près à un cercle de 45 km autour de Paray le Monial dans le sud de la Saône et Loire. Si un remplacement est demandé au-delà de cette zone le service ne peut être réalisé qu´avec l´accord du groupement local.
Les responsables de l´association assurent bénévolement la gestion, une tâche prenante et parfois délicate car il s´agit de gérer du personnel salarié. Chaque employé à un contrat de travail qui prévoit notamment que, sauf circonstance exceptionnelle, il doit être prévenu des demandes de remplacement une semaine à l´avance.
En pratique, depuis l´application des 35 heures, le groupement fait payer des demi-journées de 3 h 75 et des journées complètes de 7 h 50. « Nous avons deux types de tarif car les journées de remplacement pour mandat professionnel ou pour la formation sont plus subventionnées, indique Marie-Rose Vincent. Pour un congé par exemple le prix est de 33 euros par demi-journée et de 58 euros pour la journée complète. Hors subvention le coût de revient d´une journée avec salaire, charges et frais de gestion est de l´ordre de 103 euros, sachant que la salariée reçoit également des indemnités de déplacement ».

En 2001 le groupement a assuré au total l´équivalent de 1000 journées de remplacement en apportant de réels services à ses adhérentes. Bénéficiant de subventions comme tous les groupements ayant ce type d´activité les responsables doivent rendre des comptes mensuellement.
« Nous recherchons des employés qui soient disponibles pour un travail à temps partiel, c´est d´ailleurs une excellente école de formation pour quelqu´un qui voudrait s´installer, constate Colette Perrot. Pourtant les 35 heures ne nous ont pas avantagé car les journées ont été réduites et les horaires de travail ne s´adaptent pas toujours aux besoins. Pour la traite en particulier, car il est difficile de caler les deux traites du matin et du soir dans une journée de 7 heures et demie ! ».


( La Providence - Présidente : Colette Perrot - Civry - 71420 Genelard)


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