La chèvre 19 avril 2002 à 15h22 | Par Jean-Claude Le Jaouen

Caprisud - Comment relancer les installations caprines

Fini le temps des retours à la terre, l´installation caprine repose désormais sur des projets d´entrepreneurs avec une démarche économique. Mais bien des interrogations subsistent.

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Une filière qui se penche sur ses installations prend en charge son propre avenir" a déclaré Jacky Salingardes, éleveur en Aveyron et président de la région Midi Pyrénées, en ouvrant les journées interrégionales. Consacrées au thème très actuel de "l´installation en élevage caprin", ces journées se sont tenues les 15 et 16 janvier dernier, à Villefranche de Rouergue (Aveyron). Alternant analyses d´enquêtes sur les installations des années passées, témoignages d´éleveurs récemment installés dans différents contextes et de responsables de centres de formation, ateliers sur différents thèmes (systèmes laitiers, fromages fermiers, travail et motivations à l´installation), les débats, très riches, ont réuni plus de 70 personnes dont de nombreux responsables professionnels caprins motivés par le sujet.
Dans le lot ©JCLJ

Dans le lot
L´installation n´est pas seulement un projet économique professionnel, c´est aussi un projet de vie.


Premier constat : le nombre d´éleveurs laitiers et fromagers diminue dans toutes les régions et de nombreuses entreprises laitières incitent à l´installation de nouveaux élevages caprins pour satisfaire leurs besoins d´approvisionnement en lait. Tout ceci dans un contexte de croissance des importations de caillé de lait et de baisse globale des valorisations.
"Le renouvellement des structures de production est donc impératif mais, comme l´a souligné Robert Arnaud, l´installation n´est pas seulement un projet économique professionnel, c´est aussi un projet de vie. L´avenir passe donc par la prise en compte de la qualité de vie et des astreintes du travail de l´éleveur, sans oublier son revenu".

Installations par vagues
Une enquête réalisée sur les installations caprines entre 1995 et 2000(1) a montré que, si les installations en système fromager fermier sont peu nombreuses mais assez régulières dans le temps, par contre les installations laitières se font par vagues sous l´impulsion directe des laiteries. A noter également que la majorité des installations caprines sont des créations d´élevages, avec peu de reprises comportant une transmission d´exploitation. Parallèlement, apparaît un lien fort entre le niveau de formation des nouveaux installés et la réussite, dans le temps, de leur projet.
L´observation du profil des jeunes et adultes en formation professionnelle fait apparaître plusieurs caractéristique : une parité hommes- femmes, un âge moyen de 30 ans et des projets souvent déjà élaborés dès le début de formation (40 % ont un projet précis), la majorité des stagiaires affichant un esprit de chef d´entreprise.
"Ce n´est plus l´amour de la chèvre ou d´un mode de vie, comme autrefois, mais un projet professionnel qui est à l´origine de leur décision" a observé un directeur de CFPPA.
Dans l´aveyron ©JCLJ

Dans l´aveyron
Chez les laitiers, l´installation est souvent une démarche économique d´entrepreneur opportuniste.

Pour les responsables d´entreprises laitières présents, l´installation de nouveaux éleveurs et l´accroissement de taille des ateliers existants sont un enjeu majeur "mais avec le souci d´un développement raisonné et dans un secteur géographique délimité afin de ne pas accroître les frais de collecte du lait", ont-ils précisé. Une politique d´installation doit nécessairement s´inscrire dans le long terme, et non par à coups, car "il faut dix ans pour bénéficier durablement d´une politique active et volontaire d´installation en élevage laitier" a souligné l´un d´eux.
Démarche d´entrepreneur
La réflexion conduite en "ateliers" sur les motivations vis-à-vis à l´installation a fait ressortir deux types de profils : si, en système fromager fermier, le projet reste fortement emprunt d´une part de rêve liée à l´animal, aux fromages, à un mode de vie, par contre, la démarche économique parfois qualifiée "d´entrepreneur opportuniste" prédomine largement dans les projets avec livraison du lait à une laiterie. Dans ce dernier cas, le choix de l´atelier caprin s´inscrit dans une démarche économique agricole, qu´il s´agisse d´exploitations caprines spécialisées ou de polyculture élevage.
Parmi les contraintes fortes mises en avant figurent, en premier lieu, la quantité et l´astreinte du travail : mécanisation des chantiers, recours à la main-d´ouvre salariée ou aux formules associatives, apport partiel de lait le week-end en laiterie pour les fromagers, réduction du nombre de traites le dimanche, ont été des solutions évoquées pour préserver une part de temps personnel jugée indispensable pour la vie privée et familiale.
Enfin, à la question "comment motiver vis-à-vis de l´élevage caprin", outre les conditions techniques, de travail et de rentabilité qui restent primordiales, il est apparu qu´il importait de donner une image positive du métier de chevrier, tout en organisant l´accueil et l´accompagnement professionnel des nouveaux installés. Le tuteurat ou le parrainage apparaissant comme des solutions bien adaptées.
Avec la génération des 50-60 ans, issus de la grande vague d´installations des années 70 qui va partir dans les prochaines années, la filière caprine doit donc se mobiliser pour assurer son renouvellement et sa pérennité : c´est le défi de ce début du troisième millénaire.
Caprisud
Couvrant sept régions caprines du sud de la France, Caprisud regroupe les GIE régionaux et les professionnels caprins autour d´un ensemble d´objectifs et de projets communs : développer des politiques de produits de terroir à haute valeur ajoutée, échanger et mutualiser les expériences et les savoir-faire, maîtriser la qualité des produits, améliorer la qualité des conseils.
C´est dans ce cadre qu´une étude sur les installations caprines a été réalisée, suivie des journées de réflexion des 15 et 16 janvier 2002.

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