La chèvre 15 juillet 2002 à 10h33 | Par Jean-Claude Le Jaouen

Caprins - En Région Poitou-Charentes, le Syndicat des Deux-Sèvres

Le premier département caprin de France a fêté les quarante ans de son syndicat en se tournant vers l´avenir... Un constat : le manque de visibilité à moyen terme. D´où une certaine inquiétude, voire même une certaine lassitude des éleveurs.

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Premier département caprin de France avec plus de 1000 éleveurs livrant 100 millions de litres, soit près du tiers de la collecte nationale de lait de chèvre, les Deux-Sèvres constituent une plate forme d´écoute remarquable pour qui veut prendre le pouls de la filière laitière et du moral des éleveurs au travers de leurs préoccupations.
Le 21 mars dernier, jour de l´assemblée générale du Syndicat caprin, marquait le 40e anniversaire de la création du Syndicat. Pour fêter l´événement les cinq présidents qui se sont succédés depuis 1962 étaient présents, offrant ainsi l´image collective de la continuité professionnelle et syndicale, cela depuis les débuts balbutiants de l´organisation des éleveurs alors désireux de faire reconnaître leur profession. Comme l´a rappelé Lionel Drilleau en retraçant ce qu´étaient les réalités de l´époque, "l´activité caprine était alors marginale dans le Poitou-charente et c´est au cours de la décennie 1970-1980, les dix années glorieuses de la chèvre, que les élevages se sont spécialisés et que s´est véritablement construite la filière caprine départementale".

"Notre 40e anniversaire nous tourne aussi vers l´avenir du Syndicat caprin, ses missions et ses responsabilités" a déclaré François Bonnet, actuel président, en ouvrant le débat sur les perspectives de la filière.
L´avenir, ce sont notamment les installations caprines jugées en nombre insuffisant dans le département. En effet, un bilan de l´année 2001, établi à partir des Etudes Prévisionnelles, fait état de seulement 25 projets recensés dans le département, 8 portés par des femmes et 17 par des hommes.
Parmi ces 25 projets, on compte : 16 agrandissements de l´atelier caprin, 7 créations d´élevages et 2 maintiens de la taille du cheptel présent. Pour les agrandissements, le troupeau moyen de l´échantillon, qui était de 161 chèvres avant le projet, double pratiquement pour atteindre 306 têtes avec une moyenne de références laitières de 260 000 litres de lait. La réalité s´affiche donc crûment : avec 7 créations de nouveaux élevages dans un département qui compte plus de 1 000 troupeaux, l´avenir est loin d´être assuré.

Trop de travail et pas assez de revenu
Le débat autour des réalités vécues par les éleveurs a fait apparaître des inquiétudes et ce que l´on pourrait appeler une certaine lassitude. "On a compensé la baisse des prix du lait par des améliorations de la productivité technique et plus de travail avec des troupeaux plus grands, a souligné un participant. Tout ceci demande une maîtrise technique performante dans tous les secteurs, mais, pour l´éleveur, tout est devenu trop compliqué à vivre au quotidien. Beaucoup d´éleveurs saturent avec trop de travail, trop d´inquiétudes et pas assez de revenu".
Inquiétudes portant sur le prix actuel du lait pratiqué par les laiteries (3,10 F/l ou 0,47 e) qui reste inférieur à celui de 1986 (3,15 F/l ou 0,48 e), sur l´impact de la prise en compte des cellules somatiques se traduisant par une baisse de 2 centimes au litre sans que "les protocoles techniques proposés aux éleveurs sur le terrain donnent satisfaction" a précisé un éleveur. Inquiétudes également sur le manque de visibilité à moyen terme de l´évolution de la filière dont le pilotage est aux mains de quelques groupes laitiers, sans réelle concertation avec les producteurs.

Lassitude également exprimée par les éleveurs face à la pression permanente des nouvelles normes réglementaires de tout type, des contraintes auxquelles ils doivent faire face. L´aspiration à un "mieux vivre" est largement exprimée.
Au-delà de ces interrogations immédiates, le potentiel et la volonté des éleveurs deux-sévriens apparaissent cependant. "Chacun doit dépasser ses petites vérités personnelles pour réfléchir collectivement, c´est notamment le rôle du Syndicat caprin avec plus de solidarité entre producteurs, afin que nous restions responsables de nos choix et de nos orientations" a souligné François Bonnet.

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