La chèvre 07 octobre 2005 à 11h38 |

Dans les Hautes-Pyrénées - Des éleveurs testent la production de biogaz

Annick et Pierre Lebbe ont monté une installation de production de biogaz à partir du fumier de leur élevage caprin. Énergie renouvelable et protection de l´environnement sont à l´origine de cette expérience originale.

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« Le point de départ de notre projet de production de biogaz se situe en 2000, expliquent Pierre et Annick Lebbe, éleveurs et producteurs de fromages fermiers en Bigorre. Nos 140 chèvres alpines logées sous des serres-tunnel, produisaient du fumier qui était stocké près de la chèvrerie avant d´être épandu sur nos terres plutôt difficiles à travailler. Dès qu´il pleuvait, les alentours devenaient boueux et impraticables et les jus de fumier s´écoulaient sur la pente. Il fallait donc construire une dalle en béton tout en modifiant la gestion du fumier afin de mieux le valoriser. Je me suis donc renseigné sur les solutions possibles. A l´époque, je ne disposais d´aucune aide à l´amélioration des bâtiments d´élevage, il me fallait donc rentabiliser les investissements. C´est ainsi qu´est né le projet de production de biogaz »
Le principe du procédé est le suivant : en l´absence d´air et placée dans un digesteur (espace clos) la matière organique se dégrade en produisant du biogaz, mélange de méthane (60 %) et de gaz carbonique (40 %). Le gaz est collecté, traité pour éliminer le gaz carbonique, puis stocké afin d´être utilisé comme source d´énergie. La fermentation anaérobie du fumier est obtenue en immergeant le fumier dans les eaux usées de la ferme, ce qui permet le traitement de ces eaux et ensuite la valorisation du fumier dégradé comme engrais organique sur les cultures.
Aujourd´hui, après quelques tâtonnements et avec l´aide de Pierre Labeyrie, spécialiste du biogaz, l´installation fonctionne même si elle n´est pas entièrement achevée et si des améliorations sont encore nécessaires. L´objectif à court terme est de produire du biogaz dès l´hiver prochain, afin de chauffer la maison d´habitation et la fromagerie.
Annick et Pierre Lebbe transforment en fromages fermiers la totalité du lait produit par leurs 140 chèvres alpines. ©D. R.

Une installation au stade expérimental
L´installation construite par Pierre Lebbe présente un caractère expérimental car, à sa connaissance, il n´en existe que trois exemplaires en France. Elle se compose de deux cuves de 40 m3 dans lesquelles sont stockées les eaux usées de la fromagerie, de la salle traite, les effluents de la brasserie artisanale, le lactosérum et de trois fosses bétonnées de 100 m3 (18 mètres de longueur x 4 mètres de profondeur).
L´exploitation achète trente tonnes de paille par an et le fumier est sorti quatre à cinq fois en cours d´année pour éviter les dégagements d´ammoniac. A chaque curage une fosse est remplie de fumier qui va fermenter et se tasser naturellement : le fumier est ensuite noyé avec les eaux usées. Afin de favoriser le démarrage de la fermentation, un système de chauffage par serpentins dans le fond de la fosse permet de réchauffer les eaux usées provenant des cuves, ces eaux immergent le fumier en l´enrichissant des éléments qu´elles apportent. Une bâche couvre hermétiquement chaque fosse et le biogaz produit par le digesteur est capté.

En attendant que l´installation soit entièrement terminée, le gaz produit est brûlé dans une torchère. Reste en effet à régler le problème du stockage du gaz et de son lavage à l´eau pour éliminer le gaz carbonique. Deux cuves à fuel d´une capacité totale de 170 m3 vont être installées pour stocker du méthane à basse pression et un nouveau brûleur est commandé en vue d´une mise en service dès cet hiver. « Dans un premier temps, la production du biogaz doit se substituer aux 6000 l de fuel achetés tous les ans pour chauffer la maison d´habitation et la fromagerie. Ensuite, d´autres utilisations peuvent être envisagées, y compris la production d´électricité que nous pourrions éventuellement revendre à EDF, poursuit Pierre. Le coût total des installations est de 45 000 euros et nous manquons de recul pour estimer la rentabilité. Quelques aides financières nous ont été accordées dans le cadre d´un CTE (15 000 euros) et d´une étude financée par l´Ademe, mais c´est l´exploitation qui assure l´essentiel des coûts d´investissement et de mise au point du procédé.
C´est lourd à supporter financièrement, mais l´expérience est passionnante car l´exploitation est en agriculture biologique. Valoriser le fumier en produisant une énergie renouvelable est totalement cohérent avec notre concept de protection de l´environnement. Il est vrai que mettre en oeuvre un tel projet, en poursuivant nos activités d´agriculteur, d´éleveur et de producteur de fromages et plus récemment de bière, nous oblige à avancer lentement, mais nous espérons toucher au but prochainement. »
Lors de son installation en 1981 dans les coteaux au nord du département des Hautes Pyrénées, Pierre n´imaginait certainement pas produire un jour du biogaz, ni de la bière !
Vue de l´installation avec l´aire bétonnée séparant les serres-tunnel et les trois fumières de 100 m3 chacune. ©D. R.

Les trois fosses bâchées de façon hermétique avec, à l´arrière, les cuves de stockage des eaux usées. ©D. R.

Diversification des productions
Après un BTS à La Raque (Aude), il monte son troupeau de chèvre avec l´intention de vendre son lait, mais l´arrêt de collecte de l´industriel l´oblige à se reconvertir dans la vente de caillé puis à se lancer dans la fabrication fromagère. Dans les années 1984-1987, l´exploitation se structure : installation de 2 silos tours pour l´ensilage de maïs et de luzerne, séchage du foin en grange, drainage des terres et irrigation, aménagement de la fromagerie, recherche de débouchés valorisants auprès de fromagers réputés, puis passage en agriculture biologique en 2000.
Aujourd´hui, avec 90 % des mises bas en novembre (décyclage lumineux), une gamme diversifiée de fromages et des circuits commerciaux bien établis, l´exploitation dégage un chiffre d´affaires de 180 000 euros.

Mais l´esprit d´entreprise qui les anime a conduit Pierre et Annick à diversifier leurs productions. Outre le biogaz, l´exploitation produit en effet de la bière artisanale. Issu d´une famille de brasseurs belges Pierre a racheté en Belgique une installation artisanale de brasserie qui valorise son orge. Après quelques tâtonnements pour mettre au point le procédé, ce sont quelques milliers de bouteilles de bière vendue sous la marque « L´Amalthé » qui sont commercialisées chaque année. Un cas original et certainement unique d´un éleveur de chèvre fromager qui est également brasseur !
Production originale pour des éleveurs de chèvre : une bière artisanale fermière. ©D. R.

L´exploitation en chiffres
 Agriculture biologique contrôlée par Ecocert.
 24 ha de terres labourables (maïs, orge, luzerne, etc.) + 5 ha de prairies naturelles + 17 ha de bois. La totalité en propriété.
 140 chèvres alpines à 700 kg de lait, TP : 34,8 g/kg, TB/40,1 g/kg (résultats 2004 Contrôle Laitier)
 80 000 l de lait transformés en fromages de type lactique (70 000 l) et en tommes pâte pressée non cuite (10 000 l). Spécialité : Anneau de Vic Bill, fromage lactique affiné en forme de couronne
 Production de bière artisanale fermière
 4 emplois plein temps. Pierre et Annick, 1 salarié plein temps pour l´élevage et 2 salariés à mi-temps pour la fromagerie.
Logé sous des serres-tunnel, le troupeau est désaisonné avec 90 % des mises bas en novembre. ©D. R.

Pour en savoir plus
Association Eden à Toulouse.
Tél. : 05 61 75 19 53. Fax : 05 34 56 93 07.
Site : www.eden-enr.org
E-mail : eden@eden-enr.org

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louzolo slove | 11 août 2008 à 19:22:22

bonjour je suis un etudiant congolais en cycle ingenieur thermique et environnement . depuis je m intérinse au biogaz mais je n ai pas toutjours réçu une explication simplifier du processus de fabrication.0 s il vous plait je dédire en savoir plus

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