La chèvre 20 mars 2016 à 08h00 | Par D. Hardy

Réussir sa luzerne du champ à l'auge

La luzerne est une source de protéines intéressante pour les caprins, mais son exploitation est technique. Passage en revue des préconisations à suivre pour bien la valoriser dans son élevage.

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Un intérêt économique, agronomique et environnemental
Un intérêt économique, agronomique et environnemental - © S. Leitenberger

L’année 2016 a été proclamée année internationale des légumineuses par les Nations Unies, qui voient dans ces plantes un pivot essentiel de la durabilité des systèmes et souhaitent renforcer leur production à l’échelle mondiale. Parmi les légumineuses fourragères, la luzerne est la plus cultivée dans le monde ! Identifiée en Asie mineure il y a près de 10 000 ans, elle a rapidement diffusé sur les autres continents, permettant le développement de l’élevage de ruminants en sécurisant leur alimentation. Reléguée au second plan dans les années soixante du fait de l’utilisation croissante des engrais azotés minéraux et de la disponibilité de sources de protéines à bas prix, elle connaît aujourd’hui un regain d’intérêt pour des raisons économiques, agronomiques, climatiques, environnementales et sociétales.

Dans un contexte où les systèmes caprins sont autonomes à seulement 55 %, l’utilisation accrue des légumineuses est un atout pour améliorer ce taux, maîtriser les coûts de production et répondre aux exigences des fromages valorisés sous signe de qualité. Les élevages caprins utilisant principalement des fourrages conservés, l’aptitude à la fauche de la luzerne et du trèfle violet en fait les espèces les plus utilisées. Leur culture sera fonction des conditions pédoclimatiques de chaque bassin de production.

Comme toute légumineuse, la luzerne a la capacité d’utiliser l’azote de l’air grâce à sa symbiose avec rhizobium, une bactérie présente dans ses nodosités. Sur le plan agronomique, elle peut restituer l’azote capté à la culture suivante et sa racine en pivot a un effet structurant pour le sol. Sur le plan nutritionnel, la luzerne est le fourrage qui produit le plus de protéines à l’hectare. Enfin elle présenterait aussi un intérêt environnemental, une étude d’AgroParisTech ayant montré que des vaches nourries à la luzerne émettraient 10 % de méthane en moins qu’avec l’ensilage d’herbe habituel. Si on la pare désormais de toutes les qualités, son exploitation n’est pas si facile et nécessite une certaine technicité. Assez coûteuse à l’implantation et gourmande en temps de travail, elle ne présentera un intérêt que si on est en mesure de la pérenniser et d’assurer des rendements et une qualité irréprochables. Mieux vaut donc maîtriser tous les paramètres avant de se lancer.

La suite dans La chèvre n°333 de mars-avril 2016 :

  • - Les points clés de la culture de la luzerne - Une plante exigeante
  • - La luzerne, un investissement à raisonner - Son exploitation peut se révéler assez coûteuse
  • - Enrubanner pour réussir ses premières coupes - Maîtriser parfaitement la conservation
  • - Éleveurs et céréaliers,un partenariat gagnant-gagnant - GIEE Luzerne du Cher
  • - Un séchoir en bottes pour sécuriser son foin - Antoine Lardeux à Aviré dans le Maine-et-Loire

En savoir plus

  • L’association française pour la production fourragère organise les 21 et 22 mars des journées professionnelles Les légumineuses fourragères et prairiales : quoi de neuf ? (http://afpf-asso.org).
  • L’Inra a sorti un ouvrage, Les légumineuses pour des systèmes agricoles et alimentaires durables, 512 pages téléchargeables gratuitement sur www.quae.com ou à commander pour 49 €.
  • Arvalis vient également de publier un livre en partenariat avec le Gnis et l’Institut de l’Élevage, La culture de la luzerne (www.editions-arvalis.fr). 24 € - 84 pages

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