La chèvre 19 février 2013 à 10h08 | Par D. Hardy

Manifestation - Les grandes surfaces accusées de bloquer les hausses

La situation des éleveurs de chèvre s’aggrave et le seul espoir vient du prix du lait. Mais certaines enseignes de la grande distribution tardent à accepter des hausses des prix des fromages. Des manifestations ont débuté en Poitou-Charentes.

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Une cinquantaine d’éleveurs de chèvres de Poitou-Charentes et Vendée ont vidé le rayon des fromages à bas prix avant de le distribuer symboliquement aux consommateurs pour leur expliquer leur détresse. (© Fresyca)  © Fresyca  © Fresyca  © Fresyca  © Fresyca  © Fresyca  © Fresyca  © Fresyca  © Fresyca  © Fresyca  © Fresyca  © Fresyca  © Fresyca  © Fresyca  © Fresyca
Les éleveurs de chèvres ont absolument besoin d’une hausse des prix mais certaines enseignes de la grande distribution refusent pour l’instant ces nécessaires revalorisations. Dans un communiqué paru le 15 février dernier, la Fédération national des éleveurs de chèvres dénonçait une situation de blocage dans le cadre des négociations commerciales entre les transformateurs et la grande distribution. « Particulièrement avec deux enseignes : Carrefour et E. Leclerc » précise la fédération d’éleveurs. « Les hausses proposées aux GMS sont vitales pour les producteurs de lait de chèvre et pour toute la filière caprine ».
La Fnec appelle à tous les éleveurs de chèvres et à toutes les structures syndicales caprines de rester mobilisés et combatifs.
La Fnec appelle à tous les éleveurs de chèvres et à toutes les structures syndicales caprines de rester mobilisés et combatifs. - © Fresyca

La Fnec rappelle que les producteurs subissent depuis presque trois ans « la pire situation jamais connue » dans le secteur caprin. D’abord, le déséquilibre entre l’offre et la demande a engendré des surstocks avec en conséquence une baisse du prix du lait (jusqu’à 10 %) ainsi qu’une baisse des volumes à produire (jusqu’à 10 %). Ensuite, la sécheresse de 2011 a fortement pesé sur les élevages surtout qu’il y a eu très peu ou pas d’aide publique pour les caprins en compensation. Enfin, la mauvaise qualité des fourrages en 2012 et une hausse sans précédent des coûts de production depuis deux ans n’a pas permis de maintenir la production laitière.

Le résultat est une baisse de production de 8 % fin 2012 et un début d’année 2013 à -14 % de collecte. La Fnec tire la sonnette d’alarme : « nous allons perdre plus de 10 % de nos éleveurs avec des situations économiques catastrophiques et des situations humaines qui le sont encore plus. L’attitude de ces enseignes de la grande distribution est inacceptable : ils connaissent cette situation, nous leur avons expliqué depuis maintenant huit mois. On ne sait combien de rencontres ont eu lieu dans leurs magasins, de réunions qui se sont tenues pour leur expliquer notre situation. Ils ne peuvent l’ignorer ».

Pour la fédération des éleveurs, « l’ensemble de nos transformateurs, grands et petits, ne doivent rien lâcher dans leurs négociations avec ces enseignes : ne pas passer de hausse tarifaire équivaut pour vous à vous mettre une balle dans le pied, et pour nous, à nous planter un couteau dans le dos »
Pour la fédération des éleveurs, « l’ensemble de nos transformateurs, grands et petits, ne doivent rien lâcher dans leurs négociations avec ces enseignes : ne pas passer de hausse tarifaire équivaut pour vous à vous mettre une balle dans le pied, et pour nous, à nous planter un couteau dans le dos » - © Fresyca

Faisant suite à leur ultimatum, les éleveurs du Grand Ouest ont débuté leurs manifestations samedi 16 février en vidant symboliquement le rayon des fromages à bas prix du Carrefour de Niort. Cette action menée par tous les syndicats (Fresyca, Collectif des éleveurs de chèvres, JA 16, 17 et 79, FNSEA 16 et 17, Confédération paysanne, Coordination rurale, Union caprine 49, producteurs de Riblaire) devrait se renouveler, notamment vendredi 22 au Leclerc de Niort.

Les éleveurs du Grand Ouest rappellent que la filière du lait de chèvre est génératrice de 10 000 emplois dans la région 15 000 au niveau national. « Doit-on attendre que les usines ferment pour réagir ? » s ‘interrogent les éleveurs en rappelant leur demande de revalorisation de 120 euros les mille litres. « Les pratiques de la grande distribution doivent évoluer pour apporter une meilleure répartition des marges et permettre aux producteurs de vivre de leur travail » rappelait ces éleveurs dans une lettre ouverte adressé à la grande distribution et aux pouvoirs publics.

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